
Décrite avec une force captivante non dénuée d'humour sarcastique, la saga passe du très angélique au très noir dans cette aventure picaresque qui transforme un homme ordinaire en preneur d'otage calculateur, sans scrupule et sans pitié. (…) Au bout de cette course folle, que reste-t-il de cette sinistre épopée des temps modernes ? Une immense solitude. Une prise de conscience terriblement dérangeante. Toutes les valeurs du travail sont bâties sur du vent, l'illusion de croire que le comble du bonheur consiste à gravir les échelons, écraser tous les autres, posséder sa place de parking et sa cuisine équipée. Fausse route. Pierre Lemaitre remet les pendules à l'heure. La leçon est magistrale.
Françoise Kunzé
Exposition réaliste et quasi sociologique de la détresse d'un gagnant des années 1980 rhabillé en exclu des années 2010 ; peinture satirique et malheureusement crédible du milieu des grandes entreprises et des fantaisies qu'elles peuvent se permettre, quand la conjoncture offre un flot de candidats désemparés pour chaque poste... Rédigé par un ancien formateur en communication d'entreprise, s'inspirant d'une affaire réelle qui a récemment secoué la direction de France Télévisions, Cadres noirs de Pierre Lemaitre apparaît comme un exemple particulièrement criant de la façon dont le thriller peut tirer un parti naturaliste de la crise économique. (…) Pierre Lemaitre conduit, avec une jubilation cathartique, la vengeance machiavélique de son cadre sur l’entreprise et le recruteur qui voulaient instrumentaliser sa détresse.
Le monde est mal fait. Perdre son boulot à 57 ans quand on connaît la situation des seniors dans le monde de l'emploi, pas terrible. Alain Delambre, ex-directeur des ressources humaines, enchaîne donc les petits boulots, mais vraiment tout petits. Jusqu'au jour où il se fait castagner par son chef. Plus rien à faire. Et voilà que lui est proposé un poste royal, exactement ce dont il rêve. Il n'y croit pas. Puis y croit. Il bûche, fait des fiches en prévision de l'entretien préliminaire. Dans la poche ! Mais Delambre commence à douter. L'affaire est tout de même sacrément tordue : pour obtenir ce poste, il devra choisir, lors d'un jeu de rôle archipervers, la personne le mieux à même de... virer des gens. Humaines, les ressources ? Il s'en fiche, il le veut, ce job. Sauf que... le monde est mal fait. Et méchant. Ce cher Alain, un peu en surchauffe, va péter les plombs, renverser les barrières, fausser le jeu. Pierre Lemaitre sait de quoi il parle : avant de devenir un as du polar, il est passé par la case chômage, après avoir fondé une entreprise de formation continue. « Avec "Cadres noirs", j'ai voulu écrire sur le monde de l'entreprise, parler de sa cruauté, de l'humiliation qui est devenue une arme pour tuer des gens. Le roman noir a toujours été la caisse de résonance de la société. Et, enfin, j'avais l'occasion de dire tout le mal que je pense de cette connerie qu'est le "management" ! » Mission accomplie. Sa machine se révèle infernale d'autant plus que son héros est un monsieur Tout-le-Monde, une victime qui se révolte, qui joue avec nos nerfs et les siens, qui se découvre capable du pire, oublié le meilleur ! Sympathique, c'est vrai, et antipathique aussi. Lemaitre ne lésine pas sur le délire que vit Delambre : il décrit avec une maestria bluffante la folie qui s'empare de lui et qui transforme ce sympa quinqua en dingo de la gâchette. Les spécialistes s'énerveront peut-être que l'écrivain confonde beretta et browning. « Je me fiche de la vérité ! Ce que je veux, c'est que le lecteur soit happé par l'action. » Bravo ! Chaque chapitre ressemble à un sprint : on compte les points, on serre les poings. Son précédent roman, « Robe de marié », faisait déjà partie de nos finalistes l'an dernier. « Cadres noirs » a gagné cette année. Que demande-t-on à un polar ? De nous faire cavaler pendant 350 pages avec le héros. Merci, Lemaitre ! Quand on pense que ce Delambre est peut-être notre voisin...
Brigitte Hernandez
Publié le 08/04/2010
Publié le 08 avril 2010 par mci.
L’auteur de Cadres noirs est le premier Français à recevoir le prix. Le prix Le Point du polar européen, qui sera attribué le 9 avril dans le cadre du festival Quai du polar, à Lyon, a été attribué à Pierre Lemaitre pour Cadres noirs, paru chez Calmann-Lévy en février. C’est la première fois depuis sa création en 2003 que ce prix, qui récompense le meilleur roman policier (thriller, roman à suspense...) d'un auteur français ou européen paru ou à paraître entre le 1er avril de l’année précédente et le 31 mars de l’année en cours couronne un auteur français. Présidé par Jean-Louis Pietri, écrivain et ancien commandant à la police judiciaire, le jury est composé de Joël Bouvier (Quai du polar), Jean Contrucci, Jacques Dupont, Irène Frain, René Frégni, Brigitte Hernandez, Marie-Françoise Leclère et Christophe Ono-dit-Biot. 60 romans sélectionnés, 6 finalistes Une soixantaine de romans avaient été sélectionnés par le jury du Point, dont six finalistes aux côtés de Cadres noirs : Vendetta de R.J. Ellroy (Sonatine), L’écho des morts de Johan Theorin (Albin Michel), Le silence de Jan Costin Wagner (Jacqueline Chambon), Comme dans un rêve. Un roman sur un crime de Leif GW Persson (Rivages), Trafic sordide de Simon Lewis (Actes Sud) et Les disparus de Monte Angelo de Thomas Kanger (Presses de la Cité). Paru en février dernier, Cadres noirs est le troisième roman de Pierre Lemaitre, et son deuxième chez Calmann-Lévy après Robe de mariée (2009), déjà finaliste pour le prix Le Point du polar européen l’an dernier. “J’ai mis vingt ans à être publié”, explique Pierre Lemaitre, 54 ans, sur son site Internet. En 2006, Le Masque “ressort le manuscrit de Travail soigné d’un tiroir”, après le refus de 22 éditeurs, et ces débuts tardifs sont remarqués, puisque le jury du prix Cognac le couronne à l’unanimité. En 2009, c’est Béatrice Duval, alors éditrice chez Calmann-Lévy, qui relance l’auteur en lisant le manuscrit de Robe de marié : “Elle pointait juste ce qui importait pour que mon livre devienne meilleur. C’est cela, un excellent éditeur”, écrit l’auteur. Après un tirage de 25 000 exemplaires et deux réimpressions, Robe de mariée a fait l’objet de plusieurs cessions de droits en langues étrangères (allemand, néerlandais, japonais et hongrois) et cinématographiques (Alexandre Films). A propos de Cadres noirs, pour lequel plusieurs producteurs sont déjà en négociations, Brigitte Hernandez, membre du jury, écrit dans Le Point : “Que demande-t-on à un polar ? De nous faire cavaler pendant 350 pages avec le héros … Mission accomplie.
Un homme monte un coup tordu pour retrouver son emploi : dans « cadres noirs » Pierre Lemaitre explore avec brio une réalité sociale explosive… Ce livre-là est né d’une conjonction douloureuse… En atteignant ses 56 ans, Pierre Lemaitre s’est rappelé qu’au même âge, son père avait définitivement perdu son travail. L’actualité est venue souffler sur les braises de ce souvenir familial cuisant. Dans un contexte de superbonus patronaux, d’autres salariés quinquagénaires continuaient de subir le même sort… « J’ai voulu passer ma colère avec mes moyens à moi, en écrivant… ». (…) Histoire d’Alain DRH au chômage à 57 ans, prêt à tout pour échapper aux petits boulots, aurait pu tourner à l’aigre. Au lieu de quoi on rencontre un homme touchant qui, par désespoir, se mouille dans une prise d’otages foireuse, ruine sa femme et ses filles pour arroser des informateurs et entraîne son unique ami dans sa dégringolade. Le suspense est impeccable, les rebondissements déconcertants, l’émotion bien dosée. Forcément, on adhère. « Je ne suis pas un auteur militant, assure Pierre Lemaitre. Mon héros n’est ni un révolté ni même critique envers le système qui l’a exclu, cela n’aurait rien apporté. J’ai voulu montrer que même des gens qui y croient se font avoir. » On sent chez lui une jubilation à créer, dans ce jeu de massacre de la grande entreprise, un franc-tireur qui lui ressemble. Un peu écorché mais doté d’humour et de cœur. (…) Pierre Lemaitre a tout osé. Faire toucher le fond à Alain. Décrire la crise, la vraie vie, « alors qu’on nous rabâche que es gens veulent juste se distraire, se détendre… ». « Cadres noirs » est aussi une histoire d’amour. Et si, maintenant, quelqu’un osait en faire un film ?
Philippe Lemaire
Décidemment, Pierre Lemaitre n’en finit pas de surprendre. Après Travail soigné et Robe de marié, le voici qui signe un troisième thriller d’excellente facture (…) Au bout du rouleau, à deux doigts de la chute finale qui conduit au suicide (son personnage) va mettre au service d’un plan diabolique toutes les règles de management qu’il a étudiées au cours de sa carrière et les retourner contre ceux qui en ont fait des commandements sans appel. On ne racontera pas la suite de ce roman aux rouages de mécanique de précision et bourré de rebondissements. On soulignera en revanche que sa plus grande force tient à la capacité de l’auteur à brosser une peinture saisissante et sinistre du monde des affaires. Chômage des cadres, crochepieds, délation, procédés déloyaux, cynisme, le tableau est effrayant. Citée en exergue, une phrase du Guépard nous rappelle que le prince Salina est « un homme sans illusion ». Dans le roman de Lemaitre, si les illusions ont-elles aussi disparu, les illusionnistes, eux, tiennent le haut du pavé.
Roger Martin.
Une histoire complexe, bien menée ; des personnages multiples campés avec précaution dont les partitions s’enchaînent avec justesse, dans des imbroglios de tous ordres. Et que d’aventures, et de mauvaises influences sur beaucoup, avant, pendant et après…
Apres l'excellent Robe de marié, salue par de nombreux prix, Pierre Lemaitre récidive avec Cadres noirs. II signe aujourd’hui un roman noir sur le thème du chômage, dépeignant sans fard, comme Westlake et son fameux Couperet, le féroce monde du travail. Alain, 57 ans, sans emploi, décroche un job. Un cabinet de recrutement lui demande de participer à un test de cadres d'une entreprise, pris en otage par des faux terroristes. Rouage de cette violente opération, dupe lui aussi, Alain, en colère, va gripper le système…
Pierre Lemaitre se révèle un as du suspense avec " Cadres noirs ". (…) La colère du cadre vieillissant va se transformer en vengeance et la prise d'otages prendre une teinte bien réelle. Le lecteur n'est pas au bout de ses surprises car, avec Pierre Lemaitre, le cave se rebiffe deux fois…
Jean-Luc Aubarbier
Le polar se met à l'heure de la crise ! Pierre Lemaître signe un roman noir percutant et pertinent qui interroge la place de l'individu dans le système économique. Son héros, Alain Delambre, est un homme hagard, acculé au désespoir. Ancien cadre de 57 ans, licencié économique, il enchaîne, tant bien que mal, les boulots les plus avilissants pour garder la tête hors de l'eau et un reste de dignité. Aussi, quand après des années de chômage sans espoir, sa candidature est retenue pour un poste à sa mesure, il est prêt à tout. Même au pire. Habilement construit, le récit ménage son lot de surprises et de rebondissements. Mais sa force tient surtout à sa subtile analyse du monde l'entreprise guidé par une loi implacable : la survie des plus forts et des plus retors.
Christine Monin
(…) Une charge « sabre au clair » contre les méthodes peu orthodoxes des multinationales. Une simulation de prise d'otages pour tester les maillons faibles se transforme en véritable fait divers…
LG
(…) Une lente mais irréversible descente aux enfers. Et nous avec. Ce qui semblait impossible, improbable, devient peu à peu bien réel et fait froid dans le dos. Car chacun, un jour, peut se retrouver dans la peau d'Alain Delambre.
AS
(…) Ce livre-boomerang est habilement rythmé par l’alternance des phases de découragement et les coups de bluff de ce pro du management, dictés par l’énergie du désespoir : sous tension permanente dépeignant le jeu de massacre que deviennent les rapports entre salariés et employeurs, ce roman glaçant aux allures de thriller culmine dans un face à face palpitant avec l’inczrnation du capitalisme d’aujourd’hui et ses magouilles. Transcendant !
Pour Lemaitre, le vraisemblable est plus puissant que la réalité. Et franchement, c'est ce qui saute aux yeux des lecteurs de ses livres. (…) Ce qui déroute viscéralement le lecteur, bien agrippé aux pages de son livre au synopsis parfaitement orchestré, au millimètre près. (…) Pierre Lemaitre est déconcertant dans son écriture. Ce qu'il raconte trouve chez le lecteur une résonance déroutante. Dans une ambiance sociale pesante, Pierre Lemaitre s'amuse à tirer sur les ficelles psychologiques de son personnage Delambre, véritable bombe à retardement. Jusqu'au bout, vous serez tenu en haleine. Rien ne présage la fin. Un style tranchant où le personnage principal est sans cesse sur un fil, conduit vers sa perte. (…) Le roman sonne juste.
Cette excellente intrigue s’inscrit dans la réalité socio-économique ultra-libérale, montrant les dérives perverses d’un système cynique : “Les candidats à un poste sélectionnent les candidats à un autre poste. (…) Le capitalisme vient d’inventer le mouvement perpétuel.” Des méthodes extrêmes qui en rappellent d’autres, bien réelles et dévastatrices. Delambre garde “l’esprit cadres”, espérant appartenir à nouveau à ce milieu. Il ne rejette pas le principe, mais par-dessus tout il veut sa revanche. Il commence par duper sa famille, avant d’aller bien plus loin. À une longue mise en place du contexte, succèdent les parties mouvementées du récit. La tension se fait plus vive, le jeu devenant dangereux. Par ses précédents romans, on a pu constater que Pierre Lemaitre est un expert en scénarios à suspenses, fertiles en faux-semblants et en rebondissements. Avec “Cadres noirs”, il prouve encore une fois sa parfaite maîtrise d’une histoire fort excitante.
En France, plus de trois millions de personnes n'ont pas d'emploi alors qu'elles aimeraient travailler. Certaines sont prêtes à tout pour s'en sortir. D'autres, qui ont un salaire, sont prêtes à tout pour le conserver. Dans un tel contexte, il faut une belle dose de confiance en soi pour oser écrire un roman noir autour du chômage. Et il faut un talent monstre pour intéresser le lecteur à un personnage de Français moyen sans emploi.
Pierre Lemaitre a les deux qualités. Avec "Cadres noirs", son troisième livre, un an après l'excellent "Robe de marié", il signe un formidable suspense à travers un tableau féroce du monde du travail.
L'idée de départ est gonflée. Alain, 57 ans, cadre inscrit à Pôle Emploi, lassé des petits boulots sous-qualifiés, voit sa candidature retenue pour une offre à laquelle il ne croyait pas. Il découvre que le cabinet de recrutement a pour mission de tester la loyauté d'un groupe de cadres en les faisant séquestrer par de faux terroristes. Lui sera l'un des rouages de l'opération. Loin de reculer, il veut mettre toutes les chances de son côté... "C'est une jungle où il n'y a que des victimes, le seul bourreau c'est le système, m'expliquait l'auteur il y a un an an, à la sortie de "Robe de marié", alors qu'il bouclait son manuscrit. Des cadres épuisés, stressés, menacés d'être exclus du jeu, qui prient à 55 ans de pouvoir encore cotiser les 5 années manquantes et qui bossent comme des chiens. C'est la jungle qui les rend sauvages."
En dire plus long serait déflorer une intrigue qui dépasse cette manipulation initiale. En fait, dans "Cadres noirs", c'est le lecteur qui est pris en otage, incapable de s'échapper, accroché aux basques de ce perdant magnifique auquel, très vite, il pardonne toutes ses lâchetés, toutes ses erreurs. Le B-A-BA du roman noir, c'est de viser l'identification. Et ici, elle peut fonctionner à plein. Pierre Lemaitre n'a pas seulement choisi le bon thème. Il fait mouche parce que les réactions de son héros, ses réflexions ou ses réparties, sont psychologiquement justes. Dans sa fuite en avant désespérée, Alain reste logique et cohérent de bout en bout. Et ce personnage qui "passe du côté obscur de la force", il sait nous le rendre sympathique, jamais pathétique.
Par son sujet, son livre s'apparente au fameux "Couperet" de Donald Westlake, porté à l'écran par Costa Gavras, ou encore aux thrillers de Joseph Finder. Mais Alain n'a pas seulement l'énergie du désespoir, il en a aussi l'humour. Ses monologues intérieurs, son regard tendrement rosse sur ses proches, sa mauvaise foi dans les rapports de force, sont souvent comiques. Un peu de subtilité dans un monde de brutes...
Pierre Lemaitre place donc la barre un peu plus haut encore qu'avec son roman précédent. Pourquoi s'arrêterait-il là ? Il a la sagesse et la maturité de ses 56 ans, et une envie décuplée par les vingt années passées à courir les éditeurs sans succès, ses manuscrits sous le bras, tout en écrivant des scénarios pour la télé et en enseignant la littérature à des libraires. "Je n'étais pas inarrêtable", me confiait-il, avec humilité, pour expliquer ses rendez-vous ratés avec le succès.
Désormais, il l'est.
Philippe Lemaire
Sur fond de fortune des requins tranchant sur la misère sociale du chômage (…), l'auteur trousse un roman riche en action, d'une redoutable précision, qu'on rechigne à lâcher tant il est captivant. (…) On pense ici aux mécanismes décrits par Jeremy Rifkin dans "La fin du travail" au sujet du chômage des cadres, généré par l'émergence des hiérarchies plates aux Etats-Unis. ( …) "Cadres noirs" s'ouvre et se clôt sur le ton d'une confession : "Je n'ai jamais été un homme violent", dit l'incipit. Mais très vite, le lecteur est plongé au cœur d'une action menée à un rythme constant et haletant, narrée de manière classiquement chronologique. C'est que l'auteur ne s'embarrasse pas de fioritures inutiles ; son style est précis et va à l'essentiel. Il est cependant assez habile pour le travailler en fonction des circonstances. Ses dialogues claquent (…) : on n'y va pas par quatre chemins, le lexique est parfois discrètement fleuri, la détermination perce, franche, perçante.
Le monde du travail, dans ce qu'il de plus aliénant et de plus impitoyable, dominé par le rapport de forces, les luttes de pouvoir, la compétition effrénée. Embarqué dans ce manège, on a un type ordinaire pris dans la spirale précarité-exclusion-chômage, un engrenage terrible que Pierre Lemaitre décrit avec beaucoup de finesse et de simplicité, où se mêlent pêle-mêle frustration, colère, culpabilité, perte de confiance et d'estime de soi, humiliation... Un type qui se bat avec ses maigres armes, sa bonne volonté et des restes de dignité, mais un simple pion sur l'échiquier des grandes entreprises, qui font preuve d'une malfaisance et d'un cynisme absolus, surfant sur un capitalisme débridé qui saccage tout sur son passage. L'état des lieux est accablant. (…) Si le piège se referme sur Alain Delambre, impossible pour le lecteur de ne pas se laisser lui-même prendre au piège. D'une part parce qu'on s'identifie immédiatement au personnage, d'autre part parce que le principe du page-turner fonctionne à merveille : on est véritablement happé dans la machine mise au point par Lemaitre, qui s'y entend décidément bien en intrigues bien ficelées. Rebondissements et retournements de situation alimentent généreusement le suspense, la tension monte comme une poussée de fièvre et les pages défilent sans qu'on y prenne garde. Bref, largement de quoi passer un excellent moment de lecture. Et de cogiter un peu.
Yann Le Tumelin
Un an après nous avoir très agréablement surpris avec l'original « Robe de marié », Pierre Lemaitre récidive avec cette histoire épatante d'ingéniosité. En décrivant à la première personne l'histoire de son héros, l'auteur parvient en quelques pages à peine à emporter l'adhésion du lecteur, dont l'intérêt est constamment relancé par une intrigue aux rebondissements imprévisibles. Ce très bon « Cadres noirs » possède donc les mêmes atouts que le précédent roman de Pierre Lemaitre : des personnages travaillés dont on se sent immédiatement proche, une descente aux enfers surprenante et une histoire dont on ne parvient jamais à savoir réellement dans quelle direction elle va nous entraîner. Et au final, un roman bien différent de ce que l'on a l'habitude de lire, véritable vent de fraîcheur dans le monde du polar d'aujourd'hui.
Cadres noirs est un roman très maîtrisé : chaque action entraîne des conséquences logiques et révèle en même temps des faces cachées qu'il convient de gérer le mieux possible (car l'intrigue narrée ne prend en compte que le premier tiers du roman). L'auteur a axé son intrigue autour du seul personnage principal (et un secondaire au milieu du roman) le rendant éminemment humain avec ses forces et ses faiblesses. La façon dont le cadre le plus intégré au système décide de s'affranchir des règles est rendue de manière crédible. De plus, Pierre Lemaitre n'hésite pas à présenter son cadre comme réussissant en appliquant de manière "frauduleuse" des manières qui seraient jugées normales dans le cadre de l'entreprise et pour le bien de sa société. Là, où le talent s'exerce, c'est en montrant que le héros même s'il gagne n'obtient qu'une victoire à la Pyrrhus : certes il s'en sort mais le prix à payer est très lourd, et ce sont ses aspects qui rendent encore plus noire cette description de l'univers. Là où Donald Westlake avec Le Contrat jouait presque sur la fable et le cynisme drôle, Pierre Lemaitre tire vers le registre réaliste et il embarque le lecteur avec lui.
À l’heure ou de nombreux sondages nous montrent les Français épuisés par le travail et désespérés par le chômage, ce roman noir de Pierre Lemaitre tombe à pic. (…) La métaphore qui file tout au long de ce roman à suspense (…) est que les salariés sont les otages des capitalistes, sous le regard bienveillant des pouvoirs publics. (…) C’est une constante dans les ouvrages de Lemaitre : les événements malheureux s’enchaînent de manière inéluctable, chaque acte posé par les personnages les conduisant à leur perte. Il ne suffit pas à Delambre d’être un vieux travailleur au chômage, d’être humilié après avoir servi la cause de l’entreprise, d’être diminué dans le regard de ses proches qui l’aiment : sa révolte est implacablement destructrice. Le héros ne parviendra à ses fins qu’en jouant sa vie et celle des siens sur un coup de dé. Au bout de son périple, l’ancien DRH est toujours aussi aliéné, toujours aussi coupable. « C’est plus fort que moi », dit-il, « je ne peux pas m’empêcher de travailler. » Le système a gagné.
Bernard GENSANE
Cette excellente intrigue s’inscrit dans la réalité socio-économique ultralibérale, montrant les dérives perverses d’un système cynique (…) Des méthodes extrêmes qui en rappellent d’autres, bien réelles et dévastatrices. À une longue mise en place du contexte, succèdent les parties mouvementées du récit. La tension se fait plus vive, le jeu devenant dangereux. Par ses précédents romans, on a pu constater que Pierre Lemaitre est un expert en scénarios à suspenses, fertiles en faux-semblants et en rebondissements. Avec “Cadres noirs”, il prouve encore une fois sa parfaite maîtrise d’une histoire fort excitante.
Claude LE NOCHER
Pierre Lemaitre écrit comme un homme en colère. Ce qui ne l’empêche pas de le faire avec beaucoup d’humour. (…) Son histoire est pleine de niveaux, de tiroirs, on peut la lire comme l’histoire d’un casse, comme la révolte d’un homme ordinaire, comme une critique sociale, ou encore, comme un roman d’amour. C’est un peu de tout ça et plus encore, et cela donne diablement envie d’aller voir du côté de ce que Pierre Lemaitre a écrit d’autre. Bien sûr, on n’est pas sans penser au « Couperet », fantastique roman de Westlake. Les deux héros ont en commun la volonté désespérée de s’en sortir, de se restaurer comme homme social, comme mari et comme père. Mais Delambre ne s’en prend pas aux individus, il s’attaque plutôt au système. À vous de découvrir de quelle manière il cherche le chemin de sa rédemption…
Nous avons là un roman qui fait froid dans le dos. (…) Tout d’abord parce que le début est criant de vérité. Alain Delambre, (…) on le suit dans une sorte de descente aux enfers, on le voit évoluer, d’abord incrédule, puis résigné, puis révolté. Les mots sont justes. Les situations plus que crédibles. Les relations au sein de la famille, l’amour et la confiance qui aident à tenir, puis le mensonge qui arrive, peu à peu, pour voiler une réalité trop dure à supporter. (…) Vous n’avez pas fini de sursauter, les rebondissements sont nombreux. Vous pensiez que c’était terminé ? Non. L’auteur en remet un peu. Et il distille ses effets de surprise, comme ça, jusqu’à la fin du livre. Et on sent qu’il s’amuse à le faire ! Et ça devient contagieux ! Accrochez-vous à votre siège.
Ce "Cadres noirs" tient toutes les promesses des deux premiers : c'est bien écrit, on veut absolument connaître la suite, on est baladés, surpris, rivés aux pages. (…) Ce roman m'a collé aux doigts dès les premières pages : c'est retors et très prenant. J'ai trouvé la première partie, "Avant", très réussie, l'écriture m'a plu immédiatement, la mise en place est très fluide. (…) Pierre Lemaitre a une imagination de folie, et ses analyses comportementales sont passionnantes (…) "Cadres noirs" est un vrai thriller français de très bonne facture.
(…) C'est un pur bonheur. Sans oublier les pointes d'humour distillées ça et là. Le texte est entrecoupé de passages de télévision, de radio ou de titres de journaux qui annoncent des bénéfices records, des licenciements, des prises d'otage de patron... bref la vraie vie de tous les jours mais à laquelle on ne prête plus très attention. Est retranscrite toute la violence du monde du travail. Ce n'est pas un roman noir, c'est juste la réalité de la société actuelle qui est décrite ici ! Et le personnage de Charles, ami et collègue de Delambre est vraiment attachant. C'est un SDF qui a une philosophie de la vie et des répliques excellentes. Très bon roman. Pierre Lemaître est un maître (sans mauvais jeu de mot !) du roman noir français.
(…) La question que je me suis posée est "Où va-t-il s'arrêter ?". Le désespoir de cet homme m'a énormément touchée. Quand il apprend qu'il n'obtiendra jamais ce poste tant convoité, je me suis sentie abattue comme lui. "Pourra-t-il s'en remettre ?" "Comment va-t-il réagir ?" (…) Le désespoir d'Alain va le pousser à faire des choses extrêmes et insoupçonnables. J'ai été surprise plusieurs fois, je ne m'attendais pas à certains actes, il y avait beaucoup de suspense. Dans la dernière partie, nous assistons aux conséquences des actes d'Alain Delambre. Nous voyons de nouveau les évènements à travers les yeux d'Alain. Cette partie est celle où j'ai été le plus surprise. Quand je pensais qu'Alain était au plus bas et qu'il ne pouvait rien faire de plus, il y avait toujours des rebondissements. (…) Ce roman m'a vraiment remuée, j'ai beaucoup de difficultés à mettre des mots sur mon ressenti (…) J'ai lu ce roman en deux jours, durant lesquels j'ai souffert avec Alain Delambre. Je ne pouvais pas lâcher ce livre, je ne pouvais pas abandonner Alain. Je vous recommande cette lecture. Le thème est loin d'être joyeux. Plusieurs heures après avoir terminé la lecture je ne me suis pas encore remise de mes émotions.
Lu en quelques heures, ce roman est pour moi un chef-d’œuvre. (…) Le lecteur entre dans l’histoire d’une manière simple, rapide, agréable et efficace. J’ai trouvé la plume de l’auteur parfaitement adapté au personnage. Le langage est familier, sans être simple. Le narrateur est toujours interne à l’histoire, ce qui nous offre un point de vue intéressant : l’intensité des sentiments est plus forte, les descriptions plus réelles, les problèmes plus dramatiques, etc. (…) Le lecteur brûle d’avancer dans l’histoire tout autant qu’Alain brûle de sortir du chômage. (…) J’ai été captivé, les pages se tournant de plus en plus vite. J’ai flairé le piège dans lequel tombait Alain, sans pour autant le deviner pleinement. Le scénario est réellement bien écrit – les détails sont très réfléchis, aussi bien dans leur dimension matérielle que psychologique. Tout est si vraisemblable que l’on ne peut s’empêcher d’être terrifié. La situation d’Alain pourrait devenir la nôtre un jour. (…) Le roman est emprunt d’espoir, et cela m’a marqué. L’espoir, si humain. Si navrant. Qui n’a jamais espéré de toutes ses forces ? Qui ne s’est jamais senti désespéré ? Le roman nous offre quelques réflexions sur cette notion, « l’espoir ». (…) Roman bouleversant, car terriblement humain. Amour, fraternité, courage, espoirs. Roman terrifiant, car terriblement humain. Echecs, humiliations, souffrances, détresse.
J'ai été conquise par ce polar français… (…) Je me suis enthousiasmée, indignée, j'ai compris, j'ai soutenu, j'ai voulu aider Alain Delambre, mais l'auteur a poursuivi implacablement la machine bien huilée de son intrigue, jusqu'aux drames… Sans concession, son héros plonge dans le mensonge, prêt à tout (…) pour faire vivre ceux qu'il aime, au mépris de risques insensés. (…) Les rebondissements sont nombreux, les pièges tendus par Pierre Lemaitre se referment sur ses personnages et sur le lecteur, la part psychologique du roman est aussi bien traitée que l'action proprement dite. Les portraits des protagonistes sont fins, vus à l'aune d'Alain Delambre, attendrissants mêmes car indulgents - car empreints de l'amour qu'il porte aux siens - ou au contraire taillés à la serpe pour les mêmes raisons. Très bien orchestré, ce polar net, précis, m'a emmenée sur des sentiers inattendus et jubilatoires !
Ce roman touche, tout semble si familier, si réel ! Mais il n'en est pas pour autant lourd, n'en rajoute aucunement (…) et ne tombe pas dans le pitoyable! La dimension psychologique dans ce roman est bien présente, effrayante ! Je n'ai eu aucun mal à croire en la réalité de la chose, à me dire que l'histoire d'Alain pourrait être vécue par n'importe qui ! (…) Je garderais de ce roman, au delà du moment passé à sa lecture, qui m'a fait frissonner, tourner chaque page avec de plus en plus de curiosité, les notions d'espoir, de courage et d'entraide que j'ai ressenties très présentes ainsi qu'un vrai coup de cœur pour un personnage en particulier, celui de Charles ! Une très belle découverte pour moi, qui me donne encore plus envie de découvrir d'autres romans de cet auteur !
Jusqu’où irions-nous prêts à aller pour trouver un emploi ou encore pour le conserver ? (…) Le style est incisif et direct. Le personnage principal, Alain Delambre, c’est toi, c’est moi, c’est nous tous. (…) On est plongé est au cœur de l’action, en prise directe avec les doutes, les actes et prises de décision du narrateur.(…) Un roman qui se lit d’une seule traite et qui, cela ne me surprendrait pas, pourrait faire un excellent film. D’ailleurs, Pierre Lemaitre est également scénariste et comme on est jamais aussi bien servi que par soi-même, gageons que nous verrons prochainement Cadres noirs sur grand écran.
La mécanique est parfaitement huilée. Il y a de plus une vraie qualité d'écriture, ce qui n'est pas si fréquent pour un thriller. Les personnages - Alain au premier chef - sont très bien dépeints et très crédibles. (…) Un thriller de qualité avec un vrai potentiel commercial...
Un excellent roman, très bien orchestré. Le même ressenti qu'à la lecture de Robe de marié, l'impression que les choses s'enchaînent de manière inéluctable, que le drame se profile et que les personnages agissent pour leur perte. (…) Ce roman fait froid dans le dos, parce que tout ceci est terriblement réel. (…) Ce qui fait tout l'intérêt de ce roman : la découverte progressive mais haletante des événements. Un livre que l'on a du mal à lâcher !
Un excellent roman qui se saisit du problème épineux des chômeurs de longue durée (…). On y voit la manipulation des grandes entreprises qui n'hésitent pas à pressurer leurs employés pour arriver à leur fin. Tous les moyens sont bons, jusqu'à l'humiliation. Le roman propose également une alternance de narrateurs qui pousse le suspense à son maximum. (…) J'ai dévoré ce livre car il sait maintenir son lecteur en alerte permanente. (…) Les dernières lignes du roman donnent à réfléchir sur les priorités à accorder à nos choix de vie.
C'est à la fois simple et génial : Avant, Pendant, Après. L'Avant et l'Après seront des parties racontés du point de vue du héros. Le Pendant du point de vue d'un autre personnage. Et ce nouveau point de vue permet à l'auteur de glisser quelques tiroirs dans l'intrigue de son roman, tiroirs qu'il se fera un plaisir de nous ouvrir les uns après les autres dans l'apothéose que sera la dernière partie. (…) Je suis resté pendu aux basques de ce cadre qui vit une véritable descente aux enfers et qui va s'armer en prévision de cette chute. Génial, captivant, intelligent, passionnant, je manque d'adjectifs pour vous décrire mes impressions une fois la lecture du roman achevé. Une nouvelle pépite du genre qui confirme la place de Pierre Lemaitre parmi les auteurs IN CON TOUR NA BLES du thriller français.
Frédéric Fontès
(…) Chômage, pressurisation des cadres (et des non cadres), simulation de prise d’otage par une multinationale prête à tous les simulacres pour trouver le meilleur killer de ses troupes, on rencontrera au fil des pages des salariés consciencieux et aveuglés, des dents longues prêtes à tout, des frustrés enragés et des patrons pourris. (…) Pierre Lemaitre maîtrise son intrigue, réussit à nous enfermer dans ce simulacre infernal qui va tourner au massacre humain. (…) Oscillant entre thriller psychologique et financier, Cadres noirs est un très bon roman, ni très moral (…), ni très optimiste.
(…) J'ai complètement souffert avec Alain tout au long du livre. J'avais de la rage face à ses adversaires, je ressentais l'injustice, la révolte. (…) On rentre complètement dans la tête d'Alain. Il existe. Et puis, c'est vrai que dans ce roman, pas de psychopathes (…) pas de carnage, pas de tuerie pour le plaisir. D'ailleurs, pas de tuerie du tout. La colère d'Alain est légitime, elle est palpable. Donc "le nouveau grand du polar" ? Pour moi, c'est incontestable !
Comme à son habitude, Pierre Lemaitre articule ses histoires en ménageant deux ou trois rebondissements bien sentis. Juste ce qu’il faut. Cadres Noirs utilise des éléments convenus (ici les magouilles d’une grosse entreprise pétrolière nommée Exxyal, le côté film d’action américain), rehaussés par la simplicité qu’il atteint parfois, et la sympathie suscitée par ses personnages. Le fonctionnement de notre société s’étale sous nos yeux, juste un peu poussé, deux fois rien, pour montrer — s’il en est besoin — à quel point nous pouvons servir de chair à canon (médiatique, économique…). Ça semble un peu facile et évident mais la piqûre de rappel se prend avec plaisir. (…)
J'en suis sortie vidée et lessivée (…). Le sujet est terrifiant car si proche de nous, de la réalité, de ce qui se passe autour de nous. Je pense que c'est ce qui en a dérouté plus d'un. Ici pas de tueur en série, pas de massacre, juste une histoire horriblement réaliste et actuelle. C'est un livre qui fait réfléchir et dont on ne sort pas indemne.
Ce livre est un chef d'œuvre. (…) Les effets ne sont pas ménagés et le livre est réellement bien documenté sur les personnages, le milieu de la sécurité et sur les prises d'otage. Tout sonne juste dans cet univers angoissant mais en même temps si proche de nous. La troisième partie se révèle comme une explosion jusqu'à la conclusion finale. (…) À l'instar des romanciers naturalistes, l'auteur nous enchante avec un monde noir et sans concession.
Pierre Lemaitre a écrit ici un polar très méchant qui se moque du système économique français. C’est cruel mais vrai. Prenant, haletant, ce polar est génial, digne des meilleurs livres de Grisham, car très bien construit, jusqu’au dénouement plus que crédible. Ça fouette et régénère.
En s'attardant sur les conséquences néfastes que le chômage a sur un homme bien sous tous rapports, c'est une peinture au vitriol de notre société qui est ici développée. Ce cadre au chômage pourrait être le lecteur, un de nos proches ou encore un de nos voisins, et le style simple et dénué d'envolées lyriques (qui auraient eu sa place ici tant le sujet est pathétique) accentue le réalisme de cette intrigue. (…) Le lecteur est loin de s'ennuyer en suivant les différentes entourloupes des deux camps qui s'opposent dans ce roman. C'est même un véritable ballet ! Ému par la situation initiale d'Alain, le lecteur frissonne et a les mêmes sueurs froides qu'Alain quand celui-ci est dans une mauvaise passe. (…) Ce roman au rythme entêtant est autant un thriller qu'une critique des dérives de la société.
(…) En ces temps de chomage qui touche les jeunes comme les quadras, Pierre Lemaitre a fait le pari de se pencher sur la question du travail et sur ce que son absence peut provoquer à long terme. Décapant ! (...) Le roman ne fait pas la part belle au monde de l'entreprise et du management... On découvrira dans ce roman des salariés qui, renvoyés, préféreront continuer à travailler pour rien, des travailleurs pauvres qui n'hésiteront à trahir leur proche pour garder leur emploi, des embauches faites par piston, des stagiaires non rémunérés à qui on fait miroiter un contrat, des patrons qui font usage de délits d'initiés. Une jungle impitoyable où chacun se bat pour sa propre survie. (...) La 3ème partie est un véritable renversement de situation et je dois dire que j'ai été particulièrement surprise et happée par la machination qui s'est faite jour ! La fin est amère mais ne pouvait être autrement à mon sens. (...) Un roman très prenant qu'on ne lâche pas et qui nous surprendre par un retournement bluffant !
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